Etude d’un coproduit : la coque de féverole

Analyse phytochimique et caractérisation des molécules actives d’un coproduit

Un coproduit est une matière générée à partir d’un processus de production visant à l’origine à élaborer une autre catégorie de produit.
Considéré comme un déchet, nous préférons le terme “résidu à valoriser

Chaque année, le décorticage de la féverole génère des milliers de tonnes de coques. Pour TERRES INOVIA et TERRES UNIVIA, l’enjeu initial était clair : cesser de considérer ces coques comme de simples déchets et évaluer leur potentiel antioxydant.
L’objectif ? Trouver des débouchés naturels pour la conservation alimentaire ou la cosmétique, et ainsi valoriser cette biomasse jusqu’ici négligée.

TERRES INOVIA est l’institut technique de référence pour la recherche et l’innovation dans la production et la transformation des oléagineux, des légumineuses à graines et du chanvre.
TERRES UNIVIA est l’interprofession française des huiles et protéines végétales. 

Découvrez comment PROFILIA, TERRES INOVIA et TERRES UNIVIA travaillent ensemble pour transformer les coques de féverole en opportunités industrielles.

 

Première étape : Le broyage

Broyer les coques pour obtenir une poudre fine qui permettra d’améliorer l’étape d’extraction des molécules.

La première étape consiste à broyer les coques afin d’obtenir une poudre fine, condition essentielle pour optimiser l’extraction des molécules d’intérêt. Le protocole est ensuite standardisé pour garantir un calibre homogène entre tous les échantillons. Les cinq variétés de coques étudiées sont assemblées avant de passer à l’étape suivante.

étude de cas coques de féverolles, broyage

Seconde étape :  Isoler l’ensemble des molécules présentes

L’extraction repose sur une méthode d’épuisement phytochimique par polarité de solvants, réalisée en système automatisé Soxtherm™.

Cette méthode permet de récupérer le plus grand nombre possible de molécules de la plante, afin que l’analyse chimique soit la plus complète possible.

cas, gradient d epolarité soxtherm

Troisième étape :  Identifier les extraits les plus prometteurs

Les extraits obtenus sont ensuite soumis à notre technologie de prédiction BIOSHIFT.

Cette analyse statistique permet de classer les échantillons selon leur réactivité pour quatre fonctions biologiques cibles :

 

  • Activité antioxydante
  • Activité antimicrobienne
  • Activité insecticide
  • Activité herbicide
prédiction bioshift

Quatrième étape : Mesurer la force de chaque activité détectée

Déterminer la force de chaque activité détectée avec la méthode BIOSHIFT.

La dernière étape consiste à quantifier précisément les activités identifiées, à l’aide de protocoles adaptés à chaque fonction :

 

  • Activité antioxydante : dosage colorimétrique de la formation de radicaux libres (méthode ABTS)
  • Activité antimicrobienne : suivi de croissance de suspension cellulaire de levures en présence des extraits
  • Activité insecticide : suivi de la viabilité de larves de coléoptères sur un support alimentaire contenant l’extrait

Résultats clés :

Les analyses ont mis en évidence des résultats significatifs et, pour certains, inattendus :

  • Activité antioxydante : Comme pressenti par les équipes de Terres Inovia et Terres Univia, les extraits aqueux ont révélé des niveaux d’activité très élevés. Ces performances, parfaitement cohérentes avec la bibliographie scientifique, valident l’usage des coques comme source de molécules protectrices pour la conservation alimentaire ou la dermo-cosmétique.

  • Activité antimicrobienne : L’étude a mis en lumière un phénomène intéressant : ce sont les assemblages de différentes variétés de féveroles qui présentent la réactivité la plus forte face aux microorganismes eucaryotes. Cette combinaison entre variétés suggère que la diversité génétique est une clé pour maximiser l’efficacité de futurs actifs antifongiques ou antibactériens.

  • Activité insecticide : C’est ici que réside la surprise majeure de l’étude. Alors que l’attention portait initialement sur les antioxydants, la technologie BIOSHIFT a détecté un potentiel insecticide marqué dans les extraits obtenus via des solvants très hydrophobes.
    Cette propriété, jusqu’ici insoupçonnée pour ce coproduit, offre une réponse concrète aux problématiques de nuisibles rencontrées sur le terrain par la filière.

Perspectives :

Ces résultats ouvrent des perspectives industrielles concrètes et changent profondément le regard porté sur ce coproduit jusqu’alors sous-valorisé.
Le potentiel antioxydant désormais démontré, rend possible l’incorporation des extraits de coques dans des formulations cosmétiques ou comme agents de conservation naturels dans l’industrie alimentaire.

Mais c’est sans doute la découverte la plus inattendue de cette étude qui retiendra le plus l’attention : alors que personne ne l’anticipait, les coques de féverole se révèlent être une arme naturelle contre les nuisibles de la filière elle-même. Ce que les équipes cherchaient du côté des antioxydants, la technologie BIOSHIFT l’a trouvé là où on ne le cherchait pas, dans un potentiel insecticide mis en évidence grâce à des extractions par solvants très hydrophobes. Utiliser les résidus de féverole pour protéger les cultures de féverole : c’est une logique de circuit court appliquée à la bioprotection et qui pose les bases d’une agro-protection biosourcée et locale.

PROFILIA accompagne les entreprises de la bioéconomie à chaque étape, de la caractérisation de leurs biomasses jusqu’à la mise en valeur des molécules actives qu’elles renferment.
Notre mission : transformer la science en valeur ajoutée, et faire de vos coproduits un véritable levier de compétitivité.

Et si votre biomasse cachait, elle aussi, une solution que vous n’attendiez pas ?